evenement / Matinale VUCA Strategy - HAAS Avocats

AMAZON : L'Empire vaincra-t-il ? Distributeurs et Marques, des Rebelles se battent déjà. Et vous ?

Cette Matinale développera mes articles sur le sujet, notamment celui paru dans Les Echos.fr

matinale du digital vuca

evenement / Matinale VUCA Strategy - HAAS Avocats

Reconnaissance Faciale, DAY ONE. Quelles nouvelles perspectives offre-t-elle ?

Avec le lancement de l’iPhone X, la reconnaissance faciale entre au cœur de nos usages.
 

Couplée à l’Intelligence Artificielle (IA) elle disrupte les modes de Paiement et ouvre de nouvelles perspectives pour le Commerce, la Relation et l’Expérience Client tant online que offline.

 

Mais elle détecte aussi nos orientations sexuelles, évalue notre QI et détermine nos préférences politiques.

 

SKYNET, es-tu là ?

 

 

CE QUE VOUS ALLEZ APPRENDRE

  • L’identification faciale ou « Face ID » : technologie mature ou effet d’annonce ?
  • Apple, Amazon, IBM, Microsoft, Sense Time, Megvii, Walmart… : Quels sont les acteurs, leurs rôles et leurs rapports de force dans ce nouvel empilement technologique et applicatif ?
  • Pourquoi les Prestataires de Service de Paiement, tels Ingenico – OGONE, MONEXT, LYRA Network – PAYZEN, PAYBOX ou PAYPAL vont voir décliner leur profitabilité et être challengés par de nouveaux acteurs ?
  • Quels sont les résultats des tests déjà menés par des Marques et des Distributeurs pour améliorer la relation et l’expérience client via le « Face ID » ?
  • Les travaux de recherche menés par Michal Kosinski et Yilun Wang permettant de déterminer, à partir d’un scan de nos visages, si nous sommes homosexuels, intelligents et gauchistes.
  • Comment nos visages sont liés à notre ADN ?
  • L’impact du RGPD sur la reconnaissance faciale.
  • Reconnaissance faciale et risques juridiques.
  • Reconnaissance faciale et vie privée.
  • Vidéo protection et reconnaissance faciale : enjeux et limites.

PROFIL DES PARTICIPANTS

  • Directions d’Enseigne et de Marques
  • Directions Marketing
  • Directions Digitales
  • Directions Générales
  • Directions Juridiques
  • Directions Financières

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Date : Jeudi 16 Novembre 2017
  • Horaires : de 8h30 à 10h30
  • Lieu : 32 rue La Boétie, 75008 Paris
  • Format : Petit déjeuner, Attention places limitées
  • Prix : 20€
  • Vous inscrire en ligne

Pour toutes demandes d’informations complémentaires, vous pouvez appeler Pascale NAJMAN au 01 56 43 68 80 ou Carole MIMARD au 05 62 21 10 31.



https://www.haas-avocats.com/project/reconnaissance-faciale-quelles-nouvelles-perspectives-offre-t-elle/

evenement / Serviciz

Expérience client et transformation numérique : facteur de différenciation pour l'entreprise des services, une conférence de Jean-Paul Crenn

les echos vuca jean paul crenn GAFA

presse / LES ECHOS.fr

GAFA : le vente tourne enfin pour la bande des 4.

Le 14 octobre 2017, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, s'est opposé à la proposition française de taxer les géants du numérique sur leur chiffre d'affaires, estimant que cette mesure n'était pas pertinente. Cette évasion fiscale systématique sous couvert d’optimisation n’est que la partie émergée du côté obscur des GAFA. Mais le vent tourne pour ces Big Tech et ce n’est pas trop tôt. Ce vent s’appelle l’Europe, le sens civique et la Blockchain.

Depuis 10 ans les principales controverses concernant les GAFA étaient de savoir laquelle allait avoir la plus forte valorisation ou celle qui était la plus cool. Ces plateformes destituaient les autocrates[1], ne voyaient la mort que comme un autre bug à éliminer et allaient faire marcher un homme sur Mars.

Les media, telles Mowgli hypnotisé par Kaa[2], servaient la soupe des investisseurs des GAFA tout en avalant le plus grand mensonge du monde moderne des affaires – « L’information est gratuite ». Laissant les plateformes parcourir, classer et revendre leurs propriétés intellectuelles, les invitant ainsi au plus incroyable hold-up consenti qui soit.

Mais le vent tourne pour ces plateformes et ce n’est pas trop tôt.

Le point d’inflexion a été la récente révélation selon laquelle Mark Zuckerberg était devenu, sans le vouloir, sans le savoir, l’intercesseur de Vladimir Putin dans les élections présidentielles américaines.

Mais Facebook n’est pas la seule plateforme pour laquelle le voile de la communication angélique se déchire sous la pression des conséquences de ses actions.

Google, Apple et Amazon sont dans la même situation. Tout comme la révolution culturelle maoïste a dû reconnaître la réalité de ses actions au travers du procès de la « bande des 4 », les GAFA vont devoir commencer à rendre des comptes et à changer leurs comportements pour survivre. Car il va bien falloir qu’elles finissent par répondre aux mêmes normes et aux mêmes contraintes que les autres entreprises. Et il ne s’agit pas que d’évasions fiscales sous couvert d’optimisation.

Et ce ne sera pas trop tôt.

Non pas que ces entreprises soient dirigées par des escrocs ou que leurs employés soient plus cupides que les autres. C’est tout simplement que nous sommes dans une société capitaliste où chacun est incité à penser à soi avant les autres. C’est triste mais, comme le disait Churchill à propos de la démocratie, « la démocratie est le pire des régimes – à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé ». Demandez donc aux survivants de Pol Pot ou de la révolution culturelle si c’était mieux…

Mais il faut bien reconnaitre que pour tous les PDG la préoccupation majeure est le cours de l’action de l’entreprise, le reste étant… tout le reste (salariés, environnement, sociétal). « J’ai acheté mon appartement à Auteuil grâce à la vente de mes stock-options qui ont flambées grâce à notre approvisionnement éthique et à la super mutuelle offerte à nos salariés. »

Non, jamais aucun patron n’a jamais dit cela. Jamais.

Et c’est bien sûr le cas du top management des GAFA.

Amazon

Destruction d’emplois, domination, faible implication sociétale et capacité à détruire des pans entiers de l’économie sont les facteurs qui amèneront au démantèlement d’Amazon.

Amazon a besoin de moins de la moitié des employés dont a besoin un distributeur traditionnel pour fournir le même niveau de service. Cela signifie qu’une progression annuelle de 20 Mds $ implique la destruction de 50 000 emplois dans la distribution. Amazon peut même créer le chaos dans un secteur d’activité avant même qu’il y soit. Par exemple, la chaîne de distribution Kroger a perdu pratiquement 1/3 de sa valeur quand Amazon a annoncé le rachat de l’un de ses concurrents, pourtant 10 fois plus petit que lui. Vous avez reconnu Whole Foods.

Depuis 2008, Walmart a payé 64 Mds de $ d’impôt sur les sociétés et Amazon 1,4.  Amazon ne paye pratiquement pas d’impôts, subventionne la destruction de la distribution en parvenant à ne pas rémunérer son capital, en ayant des prêts bancaires à des taux inférieurs à ceux de la Chine, en développant son activité AWS et sa Marketplace[3] ! Quand Amazon annonce la création d’un deuxième siège social les villes américaines ne se comportent pas mieux que les villes françaises pour de simples entrepôts : c’est à qui séduira le mieux le géant de Seattle avec des ponts d’or (physiques et fiscaux).

Jeff Bezos est un génie du story-telling mais cela aura une limite.

Le démantèlement d’Amazon viendra des politiques, européens et américains quand ils comprendront, enfin, qu’ils ne peuvent pousser des cris d’orfraie sur l’évasion fiscale tout en leur offrant des avantages incroyables pour venir s’installer sur leur territoire, sans réelle contrepartie, si ce n’est des emplois sous qualifiés et non pérennes. Y compris au niveau du marketing ou de la logistique : le savoir-faire réside dans le logiciel maison d’Amazon et y reste. Les ex-Amazon se retrouvent tels des hamsters ayant perdu leur roue quand ils sortent de leur cage.

Apple

Apple, qui a réussi à transformer en produit de luxe des objets manufacturés en masse – à la différence d’Hermès pour lesquels il y a un véritable savoir-faire artisanal et des matières premières rares. Apple donc a sans doute moins de souci à se faire de la part des gouvernements. Leur problématique d’évasion fiscale pourra être facilement résolue : ils pourront négocier avec le percepteur quand ce dernier se décidera, enfin, à frapper à leur porte. Avec tout leur cash (plus que la capitalisation de la Bourse Russe !) ils trouveront facilement un terrain d’entente. Apple, vénéré par « ceux qui comptent » s’est permis, grâce à cette intelligentsia, de faire un doigt d’honneur au gouvernement américain quand ce dernier a voulu accéder, ô sacrilège, à l’iPhone d’un terroriste. Apple est au-dessus des lois et veut que cela se sache. Cela finira peut-être par agacer le citoyen américain lambda ainsi que le législateur…

Facebook

Facebook a couvert des actions étrangères lors des dernières élections américaines. Non pas que ces quelques milliers de $ aient pu changer le cours des événements mais ces rois de l’IA ne seraient pas capables de remarquer ce type de tentative de manipulation par leur intermédiaire… De même, les agissements de Cambridge Analytica pour le compte de Donald Trump n’ont sauté aux yeux de personne chez Facebook. Là, pourtant, l’effet semble avoir été plus flagrant. De deux choses l’une, soit Facebook ne sait vraiment pas ce qui se passe chez lui – et c’est peut-être pourquoi Zuckerberg met un scotch sur sa webcam – soit il considère qu’il n’a aucune responsabilité dans ce qui se fait ou se dit via sa plateforme. Son objectif est uniquement de faire de l’argent via des clics. Les contenus ne sont pas son problème. Que plusieurs études montrent que le réseau social favorise mécaniquement la haine n’est pas son souci[4]. Au contraire, c’est bon pour le niveau d’implication des usagers qui ainsi s’auto-confortent dans leurs convictions de plus en plus extrêmes.

Ce qui est réellement choquant est que les media considèrent que c’est bien normal que Facebook ne puisse pas vérifier tous ses contenus. Alors que bien sûr que Facebook peut le faire mais il ne peut pas le faire ET garder ses marges confortables.

 

 

 

Google

Google est, selon les lois de l’antitrust, la plateforme la plus vulnérable aux interventions des gouvernements avec des parts de marché à plus de 90%. Or le marché du Search[5] est désormais plus important que celui de la publicité, partout dans le monde, à l’exception des USA. Google est le plus conscient de la bande des 4 de son énorme pouvoir et des craintes que cela peut engendrer. Cela n’a pas toujours été le cas, rappelez-vous Eric Schmidt[6] en 2009 : « Seuls les mécréants sont inquiets pour leurs données personnelles » et « Si vous ne voulez pas que cela se sache, ne le faites pas ». Imaginez juste votre portrait et votre nom au-dessus de toutes les idioties que vous avez pu saisir dans cette foutue barre de recherche et vous commencerez à percevoir ce qui peut fait peur. Quand Dieu, la source de vérité omnisciente, n’est pas un gars invisible avec une barbe mais des employés qui font des barbecues tous les week-end eh bien c’est… dérangeant.

En ce début d’année l’amende de la commission européenne de 2,42 Mds € envers Google n’a pas fait bouger son cours de bourse ce qui montre que les investisseurs et donc le top management de l’entreprise en ont pas grand-chose à faire. Mais la commission ne va pas en reste là.

Le vent tourne d’abord en Europe

Car l’offensive venant d’Europe va se poursuivre, notamment avec l’application du Règlement Général sur la Protection des Données au 25 mai 2018. Si les USA tirent quelques bénéfices de la bande des 4, l’Europe n’en tire que des miettes tout en voyant ses propres champions étouffés par les GAFA (Nokia c’est quoi ? Il n’y a que Macron pour comparer Qwant à Google[7]. Mais rassurez-vous il n’y croit pas lui-même[8]. Même Bpifrance plisse le nez pour investir l’argent du contribuable dans ce moteur de recherche[9]

Le manque de sens civique

Ce qui peut freiner la bande des 4 c’est que la réalité de leurs actes démontre, finalement, leur manque de sens civique ce qui, au vu de leur poids dans l’économie et donc la société va finir par ne plus être acceptable par un nombre de plus en plus grand de citoyens-utilisateurs-clients : évasion fiscale, manque de transparence, brutalité managériale. Et puis leur idolâtrie de la jeunesse et du dollar pourrait également lasser.

 

 

La Technologie qui pourrait tout faire basculer

Mais le vent pourrait bien tourner pour les GAFA par ce qui a fait leur force : la technologie.

Elles se sont accaparées, à leur profit, celle de l’Internet (dont le fameux protocole TCP/IP est le socle) en mettant en oeuvre des stratégies de plateforme[10] (je t’offre un service gratuit avec des contenus qui ne me coûtent rien et c’est toi qui deviens le produit avec la variante je te trouve des clients pour tes produits comme cela tu me fais une étude de marché gratuite). Cela leur a permis de se positionner, grâce aux effets de réseau, comme des intermédiaires incontournables là où la promesse de l’Internet était justement d’éliminer ces fameux intermédiaires.

La technologie de la Blockchain[11], qui est le socle du Bitcoin, peut s’avérer aussi transformatrice que celle du TCP/IP car elle permet de certifier le transfert d’information. Ainsi, comme le dit très justement Gilles Babinet[12], la Blockchain pourrait faire à la transaction ce que le protocole TCP/IP a fait à l’information. Créer, de façon automatisée, de la confiance, sans qu’il soit besoin de passer par des tiers tels que les GAFA, l’Etat ou les Bancassurances.

Nous pouvons envisager avec la Blockchain - et certains ont déjà commencé à l’expérimenter si ce n’est à la déployer - une relation plus « horizontale », de pair à pair (peer to peer) pour tous les actes qui exigent de la confiance : transactions, réservations, actes de propriété, diplômes… mais également identité.  Avec un coût bien moindre que celui exigé par les intermédiaires et le bénéfice, là aussi, de l’effet réseau via des parties prenantes dont les comportements sont alignés. Adieu les 10, 15, 20% exigés par Amazon ou Apple ! Bonjour la rémunération de mes comportements et de mon identité par Facebook ou Google ! Adieu Notaire, Commissaire aux comptes et autres comptables, adieu Blablacar, AirBnb ou Uber !

Cette deuxième révolution d’Internet qui est la Blockchain pourrait-elle transformer la bande des 4 en colosses aux pieds d’argile ? Elle doit encore faire ses preuves mais ouvre des perspectives qu’aucune entreprise, quelle que soit sa taille, ne peut faire l’impasse. Surtout si elle est confrontée aux GAFA[13].

L’alignement des planètes

Cet alignement des planètes avec une Europe dos au mur, des citoyens qui doutent et la possible émergence de la Blockchain, va-t-elle faire de Facebook, Google, Apple et Amazon les MySpace, Altavista, Nokia et Félix Potin du futur ? Nul ne le sait. Mais ce qui est certain c’est que le temps de leur toute puissance est derrière elles. Elles vont devoir, enfin, rendre des comptes.

Le vent tourne !

 


[1] Rôle de Facebook dans le Printemps Arabe.

[2] Voir ce superbe ouvrage sur les relations interpersonnelles qu’est Le Livre de la Jungle de Rudyard Kipling.

[3] AWS et la partie Marketplace de l’activité d’Amazon semblent être les seules profitables. On peut remarquer que le plus gros client d’AWS est NETFLIX dont Amazon est devenu concurrent en distribuant et en produisant des films dont l’accès est gratuit pour ses abonnés Prime (voir Amazon Prime Video). La Marketplace Amazon en n’étant pas une Marketplace « neutre » comme par exemple eBay est, sous le couvert d’un accès au marché, une superbe entreprise de spoliation des TPE-PME. Avec le haut-parleur connecté ECHO couplé à l’intelligence ALEXA ce sont directement les Marques de grande consommation qui sont visées. Nos tests menés aux USA depusi début 2017 montrent clairement qu’Amazon promeut à la fois ce canal de prise de commande et les produits de ses marques. Le nombre de celles-ci étant en pleine ascension.

[4] Voir par exemple l’étude réalisée par le laboratoire de sciences computationnelles de l’école IMT des hautes études de Lucques, Toscane.

[5] Marché de la publicité sur les moteurs de recherche.

[6] PDG de Google.

[7] Voir cet article.

[8] Selon ses déclarations il n’y a pas investi d’argent personnel : Put your money where your mouth is comme on dit dans la Blanche Albion.

[9] Selon la lettreA

[10] Ou stratégies de marchés biface, voir à ce sujet les travaux de notre Prix Nobel d’EZconomie 2014, Jean Tirole

[11] Une définition via une partie prenante mais qui a le mérite d’être compréhensible : Blockchain France

[12] Gilles Babinet, in La Blockchain décryptée, éditions L’Observatoire Netexplo

[13] Mais laquelle ne l’est pas ?

Le 14 octobre 2017, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, s'est opposé à la proposition française de taxer les géants du numérique sur leur chiffre d'affaires, estimant que cette mesure n'était pas pertinente. Cette évasion fiscale systématique sous couvert d’optimisation n’est que la partie émergée du côté obscur des GAFA. Mais le vent tourne pour ces Big Tech et ce n’est pas trop tôt. Ce vent s’appelle l’Europe, le sens civique et la Blockchain.

Depuis 10 ans les principales controverses concernant les GAFA étaient de savoir laquelle allait avoir la plus forte valorisation ou celle qui était la plus cool. Ces plateformes destituaient les autocrates[1], ne voyaient la mort que comme un autre bug à éliminer et allaient faire marcher un homme sur Mars.

Les media, telles Mowgli hypnotisé par Kaa[2], servaient la soupe des investisseurs des GAFA tout en avalant le plus grand mensonge du monde moderne des affaires – « L’information est gratuite ». Laissant les plateformes parcourir, classer et revendre leurs propriétés intellectuelles, les invitant ainsi au plus incroyable hold-up consenti qui soit.

Mais le vent tourne pour ces plateformes et ce n’est pas trop tôt.

Le point d’inflexion a été la récente révélation selon laquelle Mark Zuckerberg était devenu, sans le vouloir, sans le savoir, l’intercesseur de Vladimir Putin dans les élections présidentielles américaines.

Mais Facebook n’est pas la seule plateforme pour laquelle le voile de la communication angélique se déchire sous la pression des conséquences de ses actions.

Google, Apple et Amazon sont dans la même situation. Tout comme la révolution culturelle maoïste a dû reconnaître la réalité de ses actions au travers du procès de la « bande des 4 », les GAFA vont devoir commencer à rendre des comptes et à changer leurs comportements pour survivre. Car il va bien falloir qu’elles finissent par répondre aux mêmes normes et aux mêmes contraintes que les autres entreprises. Et il ne s’agit pas que d’évasions fiscales sous couvert d’optimisation.

Et ce ne sera pas trop tôt.

Non pas que ces entreprises soient dirigées par des escrocs ou que leurs employés soient plus cupides que les autres. C’est tout simplement que nous sommes dans une société capitaliste où chacun est incité à penser à soi avant les autres. C’est triste mais, comme le disait Churchill à propos de la démocratie, « la démocratie est le pire des régimes – à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé ». Demandez donc aux survivants de Pol Pot ou de la révolution culturelle si c’était mieux…

Mais il faut bien reconnaitre que pour tous les PDG la préoccupation majeure est le cours de l’action de l’entreprise, le reste étant… tout le reste (salariés, environnement, sociétal). « J’ai acheté mon appartement à Auteuil grâce à la vente de mes stock-options qui ont flambées grâce à notre approvisionnement éthique et à la super mutuelle offerte à nos salariés. »

Non, jamais aucun patron n’a jamais dit cela. Jamais.

Et c’est bien sûr le cas du top management des GAFA.

Amazon

Destruction d’emplois, domination, faible implication sociétale et capacité à détruire des pans entiers de l’économie sont les facteurs qui amèneront au démantèlement d’Amazon.

Amazon a besoin de moins de la moitié des employés dont a besoin un distributeur traditionnel pour fournir le même niveau de service. Cela signifie qu’une progression annuelle de 20 Mds $ implique la destruction de 50 000 emplois dans la distribution. Amazon peut même créer le chaos dans un secteur d’activité avant même qu’il y soit. Par exemple, la chaîne de distribution Kroger a perdu pratiquement 1/3 de sa valeur quand Amazon a annoncé le rachat de l’un de ses concurrents, pourtant 10 fois plus petit que lui. Vous avez reconnu Whole Foods.

Depuis 2008, Walmart a payé 64 Mds de $ d’impôt sur les sociétés et Amazon 1,4.  Amazon ne paye pratiquement pas d’impôts, subventionne la destruction de la distribution en parvenant à ne pas rémunérer son capital, en ayant des prêts bancaires à des taux inférieurs à ceux de la Chine, en développant son activité AWS et sa Marketplace[3] ! Quand Amazon annonce la création d’un deuxième siège social les villes américaines ne se comportent pas mieux que les villes françaises pour de simples entrepôts : c’est à qui séduira le mieux le géant de Seattle avec des ponts d’or (physiques et fiscaux).

Jeff Bezos est un génie du story-telling mais cela aura une limite.

Le démantèlement d’Amazon viendra des politiques, européens et américains quand ils comprendront, enfin, qu’ils ne peuvent pousser des cris d’orfraie sur l’évasion fiscale tout en leur offrant des avantages incroyables pour venir s’installer sur leur territoire, sans réelle contrepartie, si ce n’est des emplois sous qualifiés et non pérennes. Y compris au niveau du marketing ou de la logistique : le savoir-faire réside dans le logiciel maison d’Amazon et y reste. Les ex-Amazon se retrouvent tels des hamsters ayant perdu leur roue quand ils sortent de leur cage.

Apple

Apple, qui a réussi à transformer en produit de luxe des objets manufacturés en masse – à la différence d’Hermès pour lesquels il y a un véritable savoir-faire artisanal et des matières premières rares. Apple donc a sans doute moins de souci à se faire de la part des gouvernements. Leur problématique d’évasion fiscale pourra être facilement résolue : ils pourront négocier avec le percepteur quand ce dernier se décidera, enfin, à frapper à leur porte. Avec tout leur cash (plus que la capitalisation de la Bourse Russe !) ils trouveront facilement un terrain d’entente. Apple, vénéré par « ceux qui comptent » s’est permis, grâce à cette intelligentsia, de faire un doigt d’honneur au gouvernement américain quand ce dernier a voulu accéder, ô sacrilège, à l’iPhone d’un terroriste. Apple est au-dessus des lois et veut que cela se sache. Cela finira peut-être par agacer le citoyen américain lambda ainsi que le législateur…

Facebook

Facebook a couvert des actions étrangères lors des dernières élections américaines. Non pas que ces quelques milliers de $ aient pu changer le cours des événements mais ces rois de l’IA ne seraient pas capables de remarquer ce type de tentative de manipulation par leur intermédiaire… De même, les agissements de Cambridge Analytica pour le compte de Donald Trump n’ont sauté aux yeux de personne chez Facebook. Là, pourtant, l’effet semble avoir été plus flagrant. De deux choses l’une, soit Facebook ne sait vraiment pas ce qui se passe chez lui – et c’est peut-être pourquoi Zuckerberg met un scotch sur sa webcam – soit il considère qu’il n’a aucune responsabilité dans ce qui se fait ou se dit via sa plateforme. Son objectif est uniquement de faire de l’argent via des clics. Les contenus ne sont pas son problème. Que plusieurs études montrent que le réseau social favorise mécaniquement la haine n’est pas son souci[4]. Au contraire, c’est bon pour le niveau d’implication des usagers qui ainsi s’auto-confortent dans leurs convictions de plus en plus extrêmes.

Ce qui est réellement choquant est que les media considèrent que c’est bien normal que Facebook ne puisse pas vérifier tous ses contenus. Alors que bien sûr que Facebook peut le faire mais il ne peut pas le faire ET garder ses marges confortables.

 

 

 

Google

Google est, selon les lois de l’antitrust, la plateforme la plus vulnérable aux interventions des gouvernements avec des parts de marché à plus de 90%. Or le marché du Search[5] est désormais plus important que celui de la publicité, partout dans le monde, à l’exception des USA. Google est le plus conscient de la bande des 4 de son énorme pouvoir et des craintes que cela peut engendrer. Cela n’a pas toujours été le cas, rappelez-vous Eric Schmidt[6] en 2009 : « Seuls les mécréants sont inquiets pour leurs données personnelles » et « Si vous ne voulez pas que cela se sache, ne le faites pas ». Imaginez juste votre portrait et votre nom au-dessus de toutes les idioties que vous avez pu saisir dans cette foutue barre de recherche et vous commencerez à percevoir ce qui peut fait peur. Quand Dieu, la source de vérité omnisciente, n’est pas un gars invisible avec une barbe mais des employés qui font des barbecues tous les week-end eh bien c’est… dérangeant.

En ce début d’année l’amende de la commission européenne de 2,42 Mds € envers Google n’a pas fait bouger son cours de bourse ce qui montre que les investisseurs et donc le top management de l’entreprise en ont pas grand-chose à faire. Mais la commission ne va pas en reste là.

Le vent tourne d’abord en Europe

Car l’offensive venant d’Europe va se poursuivre, notamment avec l’application du Règlement Général sur la Protection des Données au 25 mai 2018. Si les USA tirent quelques bénéfices de la bande des 4, l’Europe n’en tire que des miettes tout en voyant ses propres champions étouffés par les GAFA (Nokia c’est quoi ? Il n’y a que Macron pour comparer Qwant à Google[7]. Mais rassurez-vous il n’y croit pas lui-même[8]. Même Bpifrance plisse le nez pour investir l’argent du contribuable dans ce moteur de recherche[9]

Le manque de sens civique

Ce qui peut freiner la bande des 4 c’est que la réalité de leurs actes démontre, finalement, leur manque de sens civique ce qui, au vu de leur poids dans l’économie et donc la société va finir par ne plus être acceptable par un nombre de plus en plus grand de citoyens-utilisateurs-clients : évasion fiscale, manque de transparence, brutalité managériale. Et puis leur idolâtrie de la jeunesse et du dollar pourrait également lasser.

 

 

La Technologie qui pourrait tout faire basculer

Mais le vent pourrait bien tourner pour les GAFA par ce qui a fait leur force : la technologie.

Elles se sont accaparées, à leur profit, celle de l’Internet (dont le fameux protocole TCP/IP est le socle) en mettant en oeuvre des stratégies de plateforme[10] (je t’offre un service gratuit avec des contenus qui ne me coûtent rien et c’est toi qui deviens le produit avec la variante je te trouve des clients pour tes produits comme cela tu me fais une étude de marché gratuite). Cela leur a permis de se positionner, grâce aux effets de réseau, comme des intermédiaires incontournables là où la promesse de l’Internet était justement d’éliminer ces fameux intermédiaires.

La technologie de la Blockchain[11], qui est le socle du Bitcoin, peut s’avérer aussi transformatrice que celle du TCP/IP car elle permet de certifier le transfert d’information. Ainsi, comme le dit très justement Gilles Babinet[12], la Blockchain pourrait faire à la transaction ce que le protocole TCP/IP a fait à l’information. Créer, de façon automatisée, de la confiance, sans qu’il soit besoin de passer par des tiers tels que les GAFA, l’Etat ou les Bancassurances.

Nous pouvons envisager avec la Blockchain - et certains ont déjà commencé à l’expérimenter si ce n’est à la déployer - une relation plus « horizontale », de pair à pair (peer to peer) pour tous les actes qui exigent de la confiance : transactions, réservations, actes de propriété, diplômes… mais également identité.  Avec un coût bien moindre que celui exigé par les intermédiaires et le bénéfice, là aussi, de l’effet réseau via des parties prenantes dont les comportements sont alignés. Adieu les 10, 15, 20% exigés par Amazon ou Apple ! Bonjour la rémunération de mes comportements et de mon identité par Facebook ou Google ! Adieu Notaire, Commissaire aux comptes et autres comptables, adieu Blablacar, AirBnb ou Uber !

Cette deuxième révolution d’Internet qui est la Blockchain pourrait-elle transformer la bande des 4 en colosses aux pieds d’argile ? Elle doit encore faire ses preuves mais ouvre des perspectives qu’aucune entreprise, quelle que soit sa taille, ne peut faire l’impasse. Surtout si elle est confrontée aux GAFA[13].

L’alignement des planètes

Cet alignement des planètes avec une Europe dos au mur, des citoyens qui doutent et la possible émergence de la Blockchain, va-t-elle faire de Facebook, Google, Apple et Amazon les MySpace, Altavista, Nokia et Félix Potin du futur ? Nul ne le sait. Mais ce qui est certain c’est que le temps de leur toute puissance est derrière elles. Elles vont devoir, enfin, rendre des comptes.

Le vent tourne !

 


[1] Rôle de Facebook dans le Printemps Arabe.

[2] Voir ce superbe ouvrage sur les relations interpersonnelles qu’est Le Livre de la Jungle de Rudyard Kipling.

[3] AWS et la partie Marketplace de l’activité d’Amazon semblent être les seules profitables. On peut remarquer que le plus gros client d’AWS est NETFLIX dont Amazon est devenu concurrent en distribuant et en produisant des films dont l’accès est gratuit pour ses abonnés Prime (voir Amazon Prime Video). La Marketplace Amazon en n’étant pas une Marketplace « neutre » comme par exemple eBay est, sous le couvert d’un accès au marché, une superbe entreprise de spoliation des TPE-PME. Avec le haut-parleur connecté ECHO couplé à l’intelligence ALEXA ce sont directement les Marques de grande consommation qui sont visées. Nos tests menés aux USA depusi début 2017 montrent clairement qu’Amazon promeut à la fois ce canal de prise de commande et les produits de ses marques. Le nombre de celles-ci étant en pleine ascension.

[4] Voir par exemple l’étude réalisée par le laboratoire de sciences computationnelles de l’école IMT des hautes études de Lucques, Toscane.

[5] Marché de la publicité sur les moteurs de recherche.

[6] PDG de Google.

[7] Voir cet article.

[8] Selon ses déclarations il n’y a pas investi d’argent personnel : Put your money where your mouth is comme on dit dans la Blanche Albion.

[9] Selon la lettreA

[10] Ou stratégies de marchés biface, voir à ce sujet les travaux de notre Prix Nobel d’EZconomie 2014, Jean Tirole

[11] Une définition via une partie prenante mais qui a le mérite d’être compréhensible : Blockchain France

[12] Gilles Babinet, in La Blockchain décryptée, éditions L’Observatoire Netexplo

[13] Mais laquelle ne l’est pas ?



http://bit.ly/2zxhRon

evenement / JTM 2017

Réparer le marketing – Vers de nouvelles valeurs pour un marketing positif, Jean-Paul Crenn anime plusieurs Ateliers

Pour vous inscrire à cet événement :



https://tinyurl.com/y8eygu55

evenement / Matinale VUCA Strategy - HAAS Avocats

Les Blockchains

evenement / Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale

Algorithmes prédictifs : Quels enjeux éthiques et juridiques, conférence par Jean-Paul Crenn sur l'usage des algorithmes prédicitifs dans les sphères d'influence et décisionnelle

Pour télécharger la brochure et s'inscrire :



https://tinyurl.com/yad765mg

evenement / Matinale VUCA Strategy - HAAS Avocats

Tout ce que nous ne vous dirons pas au salon du e-commerce...

Lundi 21 août 2017, Microsoft a montré que son Intelligence Artificielle est capable de reconnaître un discours oral mieux qu’un être humain.

 

Mercredi 23 août Wal-Mart annonce un accord avec Google pour utiliser leur Intelligence Artificielle de reconnaissance vocale afin de contrer l’Alexa d’Amazon.

 

Cette fois-ci une technologie peut réellement changer la donne.

 

Ce n’est plus le hype de la Réalité Virtuelle ou de l’Impression 3D, qui tardent à se concrétiser pour le consommateur.

 

Non, il s’agit d’une technologie qui menace de vie ou de mort les Distributeurs et les Marques de Produits de Grande Consommation.

 

Cette menace a un nom : la Voix, une technologie, la reconnaissance vocale.

Wal-Mart l’a bien compris.


 

Ce que PERSONNE ne vous dira lors du 

SALON E-COMMERCE / PARIS RETAIL WEEK : 

La Mort du Retail et des Marques a un nom, La VOIX.

 Nous vous expliquerons pourquoi La VOIX va changer la donne lors de la 

MATINALE HAAS / VUCA-STRATEGY

le Mardi 19 septembre

de 8h30 à 10h30

à Paris

 

Lors de cette Matinale, Gérard HAAS et moi partagerons avec vous notre analyse de l’impact de la Voix, le Voice-Commerce, sur l’avenir de la Distribution et des Marques de Produits de Grande Consommation (PGC).


CE QUE VOUS ALLEZ APPRENDRE

  • ce qui se construit avec Alexa d’Amazon, Cortana de Microsoft, Siri d’Apple, Google Assistant,
  • la disparition progressive des Marques sur Internet depuis 2012,
  • pourquoi la reconnaissance vocale est un gage d’expérience et de fidélisation client,
  • que l’objectif d’Amazon depuis 1997 passe par la disparition inévitables des Marques PGC,
  • pourquoi les marques de Distribution sont en danger si cet objectif se réalise,
  • quelles sont les stratégies alternatives pour les Marques et le Retail,
  • qu’Amazon ne sera stoppé que par le législateur,
  • l’impact de droit sur la reconnaissance vocale,
  • les enjeux du RGPD et la reconnaissance vocale,
  • les dispositifs biométriques et la  sécurité des applications.

PROFIL DES PARTICIPANTS

  • Directions d’Enseigne et de Marques
  • Directions Marketing
  • Directions Digitales
  • Directions Générales
  • Directions Juridiques
  • Directions Financières

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Date : Mardi 19 septembre 2017
  • Horaires : de 8h30 à 10h30
  • Lieu : 32 rue La Boétie, 75008 Paris
  • Format : Petit déjeuner, Attention places limitées.
  • Prix : Gratuit.

Pour toutes demandes d’informations complémentaires, vous pouvez appeler Pascale NAJMAN au 01 56 43 68 80 ou Carole MIMARD au 05 62 21 10 31.

 

Pour vous inscrire (Gratuit mais attention, nombre de places limité) : ICI

jdn vuca

presse / LE JOURNAL DU NET

Reconnaissance faciale, DAY ONE.

Avec le lancement du nouvel iPhone le mardi 12 septembre 2017, la reconnaissance faciale entre au cœur de nos usages. Pour le commerce physique et/ou digital, la donne évoluera bien plus encore...

Apple mène la danse de l’évolution des usages depuis le 29 juin 2007, date du lancement de son premier iPhone. Premier véritable « smartphone », l’iPhone a participé avec son application Siri à l’adoption de la reconnaissance vocale dans les usages quotidiens. Apparue le 14 octobre 2011 avec l’iPhone 4s, la reconnaissance vocale menace aujourd’hui directement l’avenir des Marques et des Distributeurs de Produits de Grande Consommation (PGC). Car lundi 21 août 2017 Microsoft a montré que son Intelligence Artificielle (IA) est capable de retranscrire un discours oral mieux qu’un être humain. La technologie est devenue mature et devient apte à reconfigurer des pans entiers de notre économie.

Avec le remplacement de l’identification via un capteur d’empreintes digitales (le « Touch ID » de l’iPhone 5s, le 20 septembre 2013) par une identification via la reconnaissance faciale (sans doute nommée « Face ID »), la marque de Cupertino va de nouveau faire entrer dans les usages une technologie qui, si elle n’est pas nouvelle, va également impacter le Commerce dans son ensemble.

Ne nous leurrons pas, la reconnaissance faciale, même si elle a fait d’énormes progrès ces 20 dernières années et même si elle suit la trajectoire de la reconnaissance vocale, n’atteint que 95% de précision et ce sont ces derniers pourcents qui sont les plus difficiles à atteindre. Ce sont eux qui rendent la technologie utilisable par tout un chacun dans des situations variées. Rappelons-nous que la reconnaissance vocale a mis 6 ans pour y arriver. Rappelez-vous les déficiences de Siri en 2011. Le « Face ID » sera certainement opérationnel mais pendant quelque temps dans un cadre d’usage bien limité.

L'iPhone rendra acceptable la reconnaissance faciale

Mais ce qui est important c’est que l’iPhone va faire de la reconnaissance faciale ce qu’il a réussi avec la reconnaissance vocale : la rendre acceptable par les consommateurs. Déjà Samsung a présenté un Galaxy Note, il y a quelques semaines de cela, avec une fonctionnalité similaire mais moins sophistiquée. La différence pour la reconnaissance faciale vient du fait qu’Apple, en l’intégrant dans son nouvel iPhone, cautionne cette technologie et que la marque à la pomme participera activement à l’optimiser. Au vu des enjeux pour la société de Cupertino, nous pouvons lui faire confiance en la matière.

Pour bien comprendre la technologie de la reconnaissance faciale, il est important de la scinder en deux catégories : l’une concerne les capacités sous-jacentes qui rendent possible la reconnaissance faciale. Ces capacités résultent de l’alliance entre une IA et la reconnaissance de motifs (patterns). L’autre regroupe l’ensemble des applications qui utiliseront ces capacités.

Apple, Amazon, IBM, Microsoft, plusieurs sociétés Chinoises (Sense Time, Megvii…) appartiennent à la première catégorie. Elles proposent toutes la reconnaissance faciale sous forme de service dans le cloud. C’est en se basant sur ces plateformes de services que les commerçants, les banques, les sociétés de développements logiciels… pourront développer leurs applications.

La validation du paiement par la reconnaissance faciale est déjà sur les rails. Le 1er septembre dernier, Ant Financial, une filiale d’Alibaba, a déployé son système « Smile to Pay » pour la première fois dans un magasin physique. Les clients peuvent y valider leurs paiements simplement en regardant un écran. Plusieurs banques chinoises permettent déjà aux utilisateurs de leurs DAB de s’identifier avec leurs visages.

Les e-commerçants pourront, de leur côté, utiliser la reconnaissance faciale pour valider l’accès aux comptes. Dans le domaine de la distribution physique Xiaomai, une chaîne de magasins chinoise a annoncé qu’elle scannera les visages de ses clients pour en étudier le comportement.

Si les entreprises occidentales sont en retard par rapport aux chinoises au niveau des applications liées à la reconnaissance faciale, c’est tout simplement parce que ces dernières bénéficient des « avantages » liés à un Etat policier totalitaire et à une législation permissive quant aux données personnelles dans le cadre du territoire. Tous les Chinois ont en effet obligation de fournir une photo d’identité à l’Etat pour leurs 16 ans. Ainsi, c’est une base de 700 M d’individus qui est mis à disposition des entreprises par l’Empire du Milieu.

En Occident, les casinos utilisent depuis longtemps un système de reconnaissance faciale basique pour reconnaître certains parieurs mais ce sont les GAFA qui sont à la pointe de leur utilisation. Cependant elles ne le font que timidement, de crainte de réactions négatives de la part des utilisateurs. Facebook pour nous permettre de reconnaître les photos de nos amis, Google pour regrouper nos images. Amazon, de son côté vient de lancer, en avril 2017 son nouveau haut-parleur intelligent, Echo Look, cette fois ci équipé d’une caméra et donc vraisemblablement prêt à reconnaître les visages.

La reconnaissance faciale pour accroître les ventes

Les caméras vidéos pourraient, par exemple, reconnaître dans les magasins les clients fidèles ou VIP pour qu’un service premium leur soit proposé. Elles pourraient également détecter de l’insatisfaction sur les visages. Selon plusieurs sources, Walmart, le 1er distributeur au monde, travaille sur des systèmes de reconnaissance faciale pour améliorer le service pour ses clients.

Cependant, des baisses de marge sont annoncées pour les services bancaires et les distributeurs. Ainsi la reconnaissance faciale a déjà commencé à impacter les modes de paiement, ce qui va challenger les positions des Prestataires de Services de Paiement (PSP) en place et faire baisser leurs marges via l’utilisation de services de reconnaissance faciale de tiers, dans le cloud, tels que décrits précédemment. Elle va également représenter une superbe opportunité pour faire disparaître les caisses dans les magasins, les attentes de confirmation de 3D secure pour les paiements en ligne, bref c’est un superbe gisement pour améliorer l’ensemble de l’expérience client, que ce soit en ligne ou en environnement physique. Là aussi le jeu est ouvert pour les distributeurs online et offline mais il faudra vraisemblablement passer sous les fourches caudines des fournisseurs de plateformes de reconnaissance faciale dans le cloud, aux mains, aujourd’hui, des GAFA. Ce qui est une source potentielle de baisse de marge pour l’ensemble du secteur d’activité.

Car PSP et commerçants ne pourront refuser l’utilisation de la reconnaissance faciale : elle deviendra, sous quelques années, une « commodité » (commodity), c’est-à-dire une évidence. Apple et l’ensemble des GAFA, avec leurs milliards de dollars de cash et une expérience utilisateur fluidifiée, nous la ferons désirer plus qu’ils ne nous l’imposeront.

Skynet, es-tu là ?

Pourtant, il faut nous rappeler, avant qu’il ne soit trop tard, que nos visages seraient les miroirs de nos âmes. La reconnaissance faciale pose, bien sûr, maintes questions quant au respect de nos vies privées et de nos libertés dans nos contrées démocratiques. Cependant des études récentes doivent nous alerter sur le fait que cette technologie, en s’appuyant sur le Big Data et à l’IA peut aller bien au-delà. Michal Kosinski et Yilun Wang, des chercheurs de l’Université de Stanford, viennent de montrer que la reconnaissance faciale peut permettre de détecter l’orientation sexuelle, déterminer un QI ou bien connaître les opinions. D’autres chercheurs viennent, quant à eux, de créer l’image du visage de personnes à partir des données de leur génome!

La Donnée est clairement le pétrole du XXIème siècle mais, tout comme pour le combustible, si son usage nous facilite la vie, ses effets collatéraux peuvent être redoutables.



http://bit.ly/2vYeZPD

evenement / CCI Tarn et Garonne

Comment s’approprier le e-commerce pour en faire un atout à l’export ?, conférence par Jean-Paul Crenn
 

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